1. Présentation du Tassili
Le Tassili est situé au Sahara central dans la partie Sud-Est du territoire, à plus de 2000 kilomètres de la côte méditerranéenne algérienne. Le Tassili est limité à l’Est par la frontière libyenne et au Sud par celle du Niger. Son altitude varie entre 500 et 2200 mètres. Sa limite méridionale est caractérisée par une falaise abrupte, constituant une véritable forteresse que seuls quelques cols permettent de franchir tels que ceux d’Assakaou, de Tafilalet, d’Aghoum et Abdenfok.
Le Tassili a été érigé en Parc National en 1972. Il s’étale sur une superficie de plus de
80 000 Km2 (à titre comparatif, la superficie de l’Ecosse est de 77 180 Km2, celle du Liban de 10 400 Km2).
Le parc a été classé patrimoine mondial en 1982 par l’UNESCO, admis en 1986 dans le réseau MAN And BIOSPHERE (MAD) en qualité de réserve de l’Homme et de la biosphère et sa vallée d’Ihrir a été répertoriée comme zone humide d’intérêt mondial sur la liste de la convention sur les zones humide de RAMSAR.
1.1. Caractéristiques naturelles
Véritable mémoire vivante, les grès tassiliens ont gardé intactes les traces et les empreintes des grands évènements géologiques et climatiques. L’eau d’abord et le vent ensuite, par les effets de la corrosion, ont contribué à la mise en place d’une morphologie particulière, celle d’un plateau découpé par les eaux et ramolli par le vent.
Les gueltas ou adjelmam, constituent un milieu favorable au développement d’espèces végétales et animales. Ce sont des abreuvoirs naturels pour les animaux sauvages et un port d’attache pour les nomades qui viennent s’y alimenter en eau et abreuver leur cheptel.
Au cours des ères géologiques, la flore tassilienne a connu des changements, marqués essentiellement par des périodes d’hyper aridités, qui ont pour conséquence la régression, voir la disparition des espèces reliques comme le myrte, la lavande, l’olivier et le cyprès.
Dans le biotope tassilien, s’est installée une végétation qui a développé d’ingénieux mécanismes d’adaptation à l’aridité. Cette végétation a favorisé l’existence de nombreuses espèces animales telles que les gazelles, le mouflon à manchettes, le guépard, le fennec, le daman des rochers et le varan.
Le cyprès et le guépard ont été classés sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UINC) en 1984, parmi les douze espèces à sauvegarder.
1.2. Patrimoine ethnographique
Du costume au bijou, à travers les danses et l’expression musicale, le patrimoine tassilien matériel et immatériel, visible et invisible, présente une richesse et une diversité rarement égalé. L’Homme du Tassili a su, à travers le temps, fixer par la production artisanale et exprimer par la création artistique, l’intimité de son imaginaire et le fond de son épistémè.
1.3. Richesses archéologiques
Il y a plus de 2 millions d’années, dans des conditions d’humidité particulière que les premiers hommes se sont établi au Tassili n’Azdjer autour de grands lacs aujourd’hui asséchés.
Les galets aménagés de Bordj Tan Kena, obtenu par la percussion de deux roches, comptent parmi les plus anciennes traces de l’innovation humaine, Oldowayen.
Dans les sites de Tihodaine et d’In Afelehleh, des vestiges d’une richesse exceptionnelle caractérisent un autre faciès culturel qui s’étale entre 1 million d’années et 100 000 ans, l’Archeuléen. Ses outils son constitués de bifaces, qui se distinguent par leurs proportions symétriques et hachereaux, dont la technique d’obtention de modèles typés, spécifique à l’Afrique, évoluera plus tard en technique dite levallois. L’utilisation du feu est attestée dès cette période, durant laquelle l’homme peuple progressivement l’Asie et l’Europe.
Entre 100 000 ans et 40 000 ans, un peu partout au Sahara se développent des cultures sur éclats et lames, attachées à la tradition archeuléenne et appelées ailleurs Moustérien.
A partir de 40 000 ans, à la faveur de conditions bioclimatiques assez clémentes, notamment l’existence de nombreux lacs, des populations nombreuses s’installent au Sahara. Elles sont porteuses d’une culture spécifiquement Nord africaine : la culture atérienne, caractérisée par une industrie lithique dont toutes sortes d’outils sont dotés d’un pédoncule.
Entre le 20ème et le 12ème millénaire, le désert s’était largement décalé vers l’équateur, jusqu’à plus de 500 Km au Sud de sa limite actuelle. Il s’est presque totalement vidé de ses occupants qui ont préféré se réfugier dans les régions montagneuses où il y avait une pluviosité et une humidité suffisante. C’est pendant cette période que l’occupation humaine se rétrécit considérablement au Sahara et les possibilités de productions culturelles deviennent quasiment réduites.
L’événement fondamental au Néolithique (phase du développement technique des sociétés préhistoriques) est le passage de l’humanité à une économie de production, attestée par la pratique de l’élevage et de l’agriculture. Cette période se distingue au Sahara par la profusion du matériel et de l’activité de broyage des graminées et par l’invention de la poterie. La vannerie de Tin Hanakaten compte parmi les plus anciens témoignages du métier de vannier au monde.
Sur les parois et plafonds des abris ainsi que sur les dalles et planchers, notamment à Oued Djerat, Tin Taghirt, Tan Zoumaitek, Sefar, Idjabaren et Tamadjert, les Hommes du Néolitique ont représenté leur monde en gravant et en peignant à l’ocre. Ils ont représenté des éléments faunistiques, des gestes et des scènes de la vie quotidienne, ainsi que des formes géométriques et conceptuelles. Ces œuvres et témoignages iconographiques rupestres évoluent à un stade supérieur en écriture, grâce à l’élaboration de caractères à valeurs phonétiques ; d’où subsiste le tifinagh langue touarreg.
Les monuments funéraires sont des structures en pierres conçues pour perpétuer la mémoire du monde des morts. La rareté des traces de structures d’habitats en dur, par opposition à la richesse, la diversité et la large répartition des structures funéraires en pierres (tumulus, bazinas) n’est pas liée à l’absence d’une culture architecturale, mais plutôt due à la nature des rapports entretenus, entre le domaine des vivants et celui des morts.
2. Sites culturels et naturels.
Le site de l’Oued Djerat
Situé à 15 km au Sud Est d’Illizi, le site de l’oued Djerat est caractérisé par ses quatre mille (400) gravures inventoriées.
L’oued Djerat est un canon creusé dans les grès inférieurs dévoniens du Tassili externe. Il débouche dans la vallée d’Illizi. Il prend ses sources vers la côte 1300 m, après un cours de près de 70 km de long.
En moyenne, l’oued mesure 200 m de large, et ses falaises bordière varient, selon les endroits, de 25 à 30 m, au débouché, jusqu’à 150 m vers la petite palmeraie de Nafeg. Le soleil n’éclaire le fond de l’oued qu’entre 9h00 et 16h00, si bien que l’atmosphère est glacière en hiver et très chaude en été.
L’oued abrite un très beau peuplement d’éthels, d’acacias, calotropis, acacias albida des Rhusxyacantha, et, surtout des lauriers roses et des palmiers au niveau des deux petites palmeraies.
L’oued Djerat reçoit de nombreux affluents dont les principaux sont Affer et Assahor, qui lui apportent un volume d’eau considérable au moment des pluies, au point de doubler son propre volume.
Le plateau du Tassili
Le plateau du Tassili (MEDDAK) est le plus anciennement fréquenté par les visiteurs.
Les sites célèbres et importants y sont nombreux, tels que :
Tamrit :
Site magnifique abritant dans sa vallée les célèbres cyprès du Tassili, espèce propre de la région. Ainsi que son canyon impressionnant et ses sites répartis.
Iabbaren
Autre haut lieu de l’art rupestre.
Le visiteur peut découvrir des dizaines de station réparties d’inégal état de conservation :
Très riche en enseignement, ce site offre au visiteur l’opportunité de vivre dans un milieu pareil à celui dans lequel ont évolué les derniers artistes qui nous ont légué ces trésors.
Sefar
Concentration de stations réparties, représentant les différentes époques de l’art rupestres Tassilien.
En parcourant ce lieu de mémoire et d’histoire, à travers ses innombrables sites rupestres, le visiteur a l’opportunité de faire une véritable lecture de la vie des hommes du Tassili, néolithiques.
Région de Djanet
Célèbre oasis, avec sa palmeraie et ses trois ksours jonchés sur les hauteurs (Azellouaz, El-Mihane, Adjahil).
Le visiteur peut visiter les nombreux sites autour de la ville , notamment , Tim-ghar, Tililine, Tikoubaouine, Ensenolilene, Erg Admer et Teygherghert.
Région de contraste entre les espaces dunaires, rocailleux et la verdure permanente d’Essendilene.
La tadrart
Immense territoire (au sud du Parcs National du Tassili), au paysages impressionnants et grandioses. Cette région offre au visiteur l’opportunité de découvrir les multiples facettes du Tassili. Ce désert exceptionnel qui a gardé des pans entiers de l’histoire de l’Homme.
Les sites fréquentés par les visiteurs sont :
In –Djenane, El-Bendjé, Moul-Enagé, Tin-Merzouga, le cirque, O ued Bouhadiane, In Tehek.
En parcourant ces sites aux paysages grandioses, riches en patrimoine culturel et naturel.
Le visiteur a l’opportunité de découvrir quelques secrets du grand trésor du Tassili.
Le site de l’Oued Djerat
Situé à 15 km au sud Est d’Illizi, l’oued Djerat a été découvert en 1892-1893 par F.Foureau.
le monde scientifique n’a prit connaissance des richesses archéologiques qu’abritait qu’en 1932.
Un inventaire a été dressé en 1959 par l’équipe d’Henri Loth, ou quatre mille (4000) gravures ont été inventoriées.
L’oued Djerat est un canon creusé dans les grès intérieur super du Tassili externe, il débouche dans la vallée d’Illizi. Il prend ses sources vers la côte 1300 m, après un cours de près de 70 km de long.
En moyenne, l’oued mesure 200 m de large, et ses falaises bordière varient, selon les endroits, de 25 à 30 m, au débouché, jusqu’à 150 m vers la petite palmeraie de Nafeg. Le soleil n’éclaire le fond de l’oued qu’entre 9 heures du matin et 16heures, si bien qu’il est une glacière l’hiver et un véritable four l’été.
Côté naturel : il abrite un très beau peuplement d’étheils, d’acacias, calotropis, acacias albida des Rhusxyacantha, et, surtout des lauriers roses et des palmiers au niveau des deux petites palmeraies.
L’oued Djerat reçoit de nombreux affluents qui lui apportent un volume d’eau considérable au moment des pluies, au point de doubler son propre volume. Les principaux affluents sont les oueds Affer et Assahor.
Les points d’eau
Les gueltas sont nombreux : « Nafeg-Tin-n-terert-Barhou-Belouahine-In-Amadjeli-Toukrimin.
Des poissons vivent, ce sont des barbeaux (barbus deserti et Barbus biscariensis) dont certains atteingnent une dimension de 38 cm.
La guelta « Barhou » peut atteindre en temps de pluie des dimensions de 100m de long et 5 m de profondeur.
Le site de Temmadjert
Situé à 250 km au sud-ouest d’Illizi, la vallée de Tammadjert est une annexe communale d’Illizi. On peut y accéder par la piste Tasset/Afara. C’est une petite oasis où la végétation et l’eau sont en abondance. Sa guelta fin-baouemdi est permanente. Les témoignages des habitants de la région affirment qu’elle n’a pas séché depuis 70ans.
C’est aussi un site riche en gravures.
3. La Gestion du Parc National du Tassili
L’Office du Parc National du Tassili, créé en 1972, est l’organe de gestion de cette aire protégée suite au classement du parc comme monument historique national. L’office dont le siège administratif se trouve à Djanet, est un établissement public à caractère administratif, à vocation culturelle doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Il a pour missions la protection, la conservation et la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel du Tassili n’Azdjer.
Ses consignes et recommandations
1. Pour la sécurité des visiteurs du parc afin qu’il ne se perdent pas
L’accès, la circulation et les visites à l’intérieur du parc national du Tassili sont réglementées. Ils donnent lieu au paiement de droits d’accès.
L’Office du parc informe que :
- Il est interdit de circuler seul en dehors des routes et des pistes autorisées.
- Toute visite sur site devrait se faire impérativement par l’intermédiaire d’une agence touristique agréée par l’Etat, ou encadrée par un agent de conservation de l’Office du parc national du Tassilil.
2. Pour préserver l’eau
Les ressources en eau au Sahara sont très limitées et diminuent en raison de l’aridité. L’eau est vitale pour les nomades et le cheptel, les voyageurs et les animaux sauvages. Aussi, l’Office du parc national du Tassili informe que :
- Il est interdit de camper à proximité d’un point d’eau.
- Il est interdit de se laver ou de se baigner dans les gueltas (point d’eau naturel).Si nécessaire, puisez l’eau de la guelta tout en évitant toute pollution.
- Il est interdit d’utiliser des détergents et des lessives à proximité des gueltas.
3. Pour préserver l’environnement
Afin de préserver l’environnement, l’Office du parc national du Tassili informe que :
- Il est interdit de faire la vidange des véhicules à proximité d’un point d’eau ou d’un site naturel ou culturel.
- Les visiteurs doivent laisser propre l’emplacement utilisé pour le bivouac avant le départ, en rassemblant tous les détritus, papiers, plastiques, boites de conserve. Pour cela les visiteurs doivent prévoir des sacs poubelles qu’ils doivent déposer dans une décharge publique au retour de leur circuit.
- Les visiteurs doivent enterrez les cendres de tout feu de bois réglementairement réalisé.
4. Pour préserver l’intimité des populations
L’Office du parc national du Tassili informe que les visiteurs doivent respecter l’intimité, les coutumes et le mode de vie des populations locales. Le contact humain n’en sera que plus enrichi.
5. Pour préserver le patrimoine naturel et culturel
L’équilibre écologique du Tassili est très fragile. Plusieurs espèces faunistiques et floristiques sont protégées par la loi. La législation relative au Parc Nationa du Tassili et à la protection du patrimoine culturel interdit de :
- détruire ou prélever des minéraux et des fossiles ;
- couper, mutiler, arracher et détruire les végétaux non cultivés, arbres et arbustes compris ;
- capturer par tout moyen, transporter, colporter, vendre et acheter des animaux non domestiques, vivants ou naturalisés ;
- de poursuivre les animaux en véhicules, les menant à la mort par hyperthermie ;
- de chasser avec ou sans arme à feu ;
- ramasser, détenir, vendre ou acheter tout objet archéologique ;
- procéder à des sondages ou fouilles sans autorisation ;
- relever par quelque procédé que ce soit, mouiller, surcharger, gratter, inscrire des graffitis, découper ou détériorer les gravures ou peintures rupestres ;
- détériorer tout site archéologique préhistorique ou historique.
L’Office du parc national du Tassili informe que toute découverte fortuite de matériels archéologiques doit être signalée à un agent de l’Office du Parc National du Tassili, à l’agence touristique accompagnatrice agréée par l’Etat ou toute autre autorité locale.
Toute activité professionnelle, photographique, cinématographique, radiophonique ou publicitaire, est soumise à une autorisation préalable délivrée par le Ministère chargé de la culture et donne lieu à l’établissement d’une convention signée avec l’Office du Parc National du Tassili.
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