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Vers des investissements de 60 milliards de dollars

«Sonatrach a été autorisée par sa tutelle à négocier des cessions de parts avec des partenaires étrangers et à procéder à des changements de contrôle de certaines entités en Algérie», a déclaré, hier, Salah Mekchouche, vice-président de la production et de l’exploitation du groupe pétrolier. Ce souci d’améliorer l’attractivité de la société conduit l’invité de la rédaction de la Chaîne 3 de la Radio nationale à évoquer une révision de la loi sur les hydrocarbures qui «s’impose» en touchant, explique-t-il, à «tous les domaines dont la fiscalité».

Il qualifie la loi actuelle de «restrictive» et que beaucoup de pays ont été amenés à modifier leur loi pour attirer des investisseurs. A ce titre, souligne-t-il, «l’Algérie n’est pas en reste». Sur le volet du développement du groupe, M. Mekchouche annonce qu’au cours des cinq prochaines années, Sonatrach envisage d’investir quelque 60 milliards de dollars pour développer des projets pétroliers et gaziers. Le plan de développement de l’entreprise, d’un coût de 56 milliards de dollars, vise, selon le responsable de Sonatrach, à entreprendre le forage d’une cinquantaine de puits d’exploration et de 250 autres de développement, chaque année. Ces travaux d’exploration, destinés à renouveler les réserves et à maintenir le niveau de production, sont entièrement soutenus en effort propre par Sonatrach.

Hydrocarbures :  « On connaît bien nos réserves »

A une question liée aux réserves d’hydrocarbures détenues par l’Algérie, M. Mekchouche indique qu’elles sont restées les mêmes et «maintenues de manière constante», depuis 2005, à raison de 4 milliards de tonnes équivalent pétrole. Il précise qu’«on connaît très bien nos réserves, y compris celles encore exploitées». A propos des priorités de Sonatrach, le même responsable indique qu’«on doit optimiser ce qu’on a sur la main avec de nouvelles techniques de récupération, de nouveaux services qui permettent rapidement d’augmenter la production ou le taux de récupération». L’objectif de Sonatrach, ajoute-t-il, est, entre autres, de «réduire le coût du baril produit, et réaliser avec plus de rapidité les projets», auxquels s’ajoutent des programmes de maintenance des installations. Il fait, en outre, état de ressources conventionnelles connues mais non encore exploitées de gaz (plus de 450 TCF (trillions de pieds cubes) et de 300 milliards de barils de brut. Quant à l’éventuelle augmentation de la production journalière de 1,2 million de barils, le même responsable explique, d’abord, qu’elle est liée au quota de l’OPEP, ajoutant que l’Algérie «peut aller au-delà de cette production selon les capacités installées». S’agissant du gaz, la capacité d’augmentation oscille entre 3 à 4% par an. Relevant la nécessité d’aller vers le renouvelable, l’invité de la radio annonce en termes de chiffres que chaque Algérien consomme en moyenne 700.000 m3/an de gaz, mais à l’avenir la demande augmentera. D’où l’obligation, dira M. Mekchouche, de ramener d’autres ressources de gaz, changer de modèle de consommation. Et rappelle l’importance du programme qui porte sur l’installation d’une puissance d’origine renouvelable de l’ordre de 22.000 MW à l’horizon 2030 pour le marché national.

L’Algérie, faut-il le souligner, compte se positionner comme un acteur majeur dans la production de l’électricité à partir des filières photovoltaïque et éolienne, en intégrant la biomasse, la cogénération, la géothermie et, au-delà de 2021, le solaire thermique. Des filières qui constitueront les moteurs d’un développement économique durable à même d’impulser un nouveau modèle de croissance économique, sachant que 37% de la capacité installée d’ici 2030 et 27% de la production d’électricité destinée à la consommation nationale seront d’origine renouvelable. Sur sa lancée, M. Mekchouche explique que Sonatrach a décidé d’équiper ses propres installations en renouvelable, ce qui a lui permis d’économiser plus d’un milliard de m3 de gaz, et indique que les deux projets initiateurs «permettront un meilleur décollage». L’un est engagé avec le groupe italien ENI, pour la réalisation d’une centrale photovoltaïque de 10 mégawatts (MW) au niveau du champ de BRN (Bir Rebaa Nord, Ouargla). Le second projet, est conclu avec Total avec une capacité de 5 mégawatts.

Pétrochimie : finalisation des études de faisabilité de deux contrats avec des partenaires étrangers

Concernant les activités de pétrochimie, et la projection d’augmenter leurs capacités de transformation afin de générer de la valeur ajoutée, l’intervenant annonce la conclusion, dans le courant de 2018, de deux contrats avec des partenaires étrangers. «Les études de faisabilité sont en fin de phase», explique-t-il, et d’ajouter : «Quant aux capacités des deux projets, on saura davantage d’ici juin et les résultats apparaîtront très prochainement».


Interrogé sur les importations de Sonatrach en carburant, estimées à 2 milliards de dollars, M. Mekchouche rebondit sur la solution du processing, précisant qu’elle sera arrêtée après la mise en service de la raffinerie de Hassi Messaoud devant intervenir à partir de 2021. Se prêtant au jeu des questions-réponses, l’hôte de la radio indique que le coût d’une nouvelle raffinerie est de 3 milliards de dollar, tandis que la réhabilitation coûte 500 millions USD.


Par ailleurs M. Mekchouche explique à propos des contrats avec l’étranger, que l’Algérie est à l’écoute de tous les négociateurs, et demeure un pays fiable qui a toujours honoré ses contrats», précisant que «tous les partenaires souhaitent prolonger leurs contrats».

In : El Moudjahid 06/02/2018 

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