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Le redéploiement de la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach, s’accomplit manifestement sur plusieurs fronts. Des contentieux qui étaient en suspens et qui sont réglés dans leur quasi-majorité (80%), des investissements engagés, pour certains, avec des partenaires de renom mondial et, pour d’autres, confiés aux entreprises locales, en sus de la signature d’une multitude de contrats.

Le dernier a été paraphé avec l’entreprise italienne ABB, en vertu duquel Sonatrach récupère à 100% la Société algérienne de réalisation des projets industriels (Sapri). Celle-ci a été, pour rappel, le fruit d’une joint-venture en 1992 entre Sonatrach et ABB, dont le contrat de partenariat, s’étalant sur 25 ans, est arrivé à terme. C’est ainsi qu’un nouveau contrat a été signé, hier à Alger, entre les deux partenaires pour la cession des parts d’ABB dans la société Sarpi à la compagnie nationale Sonatrach. La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du P-DG de Sonatrach, M. Abdelmoumene Ould Kaddour, et du président du groupe ABB dans la région MENA, M. Joachim Braun. «Travailler avec le groupe Sonatrach est un honneur», a estimé ce dernier. «Nous avons réalisé de grands et difficiles projets avec Sonatrach durant ces 25 ans », a-t-il ajouté, mettant l’accent sur le fait que l’ensemble des projets réceptionnés sont conformes aux normes requises en termes de santé et de sécurité. Qualifiant de «spéciale» la  relation entre ABB  et  Sonatrach, il  explique  que  la cession des parts  à la compagnie nationale intervient en raison du changement du business model du pôle d’ABB ingénierie, approvisionnement et construction (EPC). Le groupe ABB est sorti de l’EPC, pas seulement en Algérie mais également dans le reste du monde, a tenu à préciser, pour sa part, le directeur  d’ABB Algérie, M. Tarek El-Gani, ajoutant qu’il s’agit d’une stratégie adoptée par l’entreprise-mère qui a décidé de se focaliser davantage sur les solutions électriques, d’automation et de robotique, non sans investir les secteurs de l’industrie et des infrastructures. Notons, par ailleurs, que la société Sarpi,  spécialisée dans la réalisation d’installations industrielles dans le secteur des hydrocarbures et de l’énergie, est actuellement présente dans plusieurs régions en Algérie. Elle dispose de deux unités opérationnelles basées à Hassi Messaoud et à Hassi R’mel. «La société Sarpi est aujourd’hui hautement qualifiée et travaille conformément  à toutes les certifications internationales», a assuré M. El-Gani. «Nous n’avons pas vraiment abandonné Sarpi, laquelle reste un partenaire stratégique pour ABB», a-t-il ajouté.   

Cessation de l’importation  de carburants : une priorité  

 A l’issue de la cérémonie de signature, le P-dg de Sonatrach, M. Abdelmoumene  Ould Kaddour, a indiqué que le groupe s’est fixé plusieurs objectifs, dans  le cadre de sa nouvelle stratégie SH 2030, dont le premier consiste à mettre fin à l’importation de carburants. «L’objectif fixé est d’arrêter d’importer des carburants pour deux milliards de dollars par an d’ici trois ans au maximum», a-t-il dit, en réponse à une question sur l’activité de raffinage. Dans cette optique, plusieurs solutions se présentent, telle la transition qui consiste à faire du raffinage d’une partie du pétrole brut algérien à l’étranger (processing), et ce, pour une période bien fixée, a-t-il  expliqué.

«Nous avons déjà commencé le processing à l’étranger, l’opération est en route, et ce, en attendant de lancer les raffineries de Hassi Messaoud et d’Alger, et en attendant également d’acquérir ou d’investir dans une raffinerie à l’étranger», a indiqué M. Ould Kaddour.  A rappeler  qu’au  terme de sa visite de travail  effectuée ce dimanche à In Amenas, M. Ould  Kaddour a informé que Sonatrach  évoque un partenariat dans le  domaine de la pétrochimie avec la  Turquie. « Sonatrach a eu  l’accord  de  fournir du nafta pour  la Turquie sur une période de 10 ans, et ce, pour la construction d’une usine de  pétrochimie  où  la compagnie nationale bénéficiera entre 20 et 30% des  actions », a-t-il  expliqué. Hier,  à Alger, il a rappelé  que le groupe Sonatrach est en train de travailler dessus avec le français Total et l’italien Eni ainsi qu’avec un partenaire turc pour la  réalisation de projets  pétrochimiques. «D’ici  la  fin de  l’année en cours, nous allons aboutir à des résultats dans ce cadre ». S’agissant de la mise en œuvre de la  raffinerie d’Alger, celle-ci figure également parmi les priorités de la compagnie, a encore  indiqué M. Ould Kaddour. «Le projet est en route et nous espérons le mettre en œuvre  la fin de l’année   2018 ».

L’autre objectif gagé, la réalisation de la raffinerie de Hassi Messaoud, dont les appels d’offres lancés sont à l’étude. Par ailleurs, le P-DG de  Sonatrach a fait savoir que   dans le domaine de la pétrochimie, un contrat devra être signé, en 2018, pour la réalisation d’une unité de polypropylène.

En somme, c’est tout un programme de pétrochimie qui  est  en cours de maturation au sein de Sonatrach et qui devra se concrétiser progressivement  au courant de cette année. 

A partir d’In Amenas,  M. Ould Kaddour a également mis l’accent sur l’importance des relations liant Sonatrach à General Electric. Dans ce cadre,  plusieurs projets, en cours, notamment celui de l’unité turbines de Blida «fonctionnent très bien».  A ce sujet, M. Ould Kaddour a fait part du souhait de Sonatrach d’exporter son savoir-faire dans ce domaine. Il rappelle aussi que les deux partenaires ont signé, il y a quelques mois, un accord  pour la production de têtes de puits. « Ce projet  est  en cours de  réalisation et sa  réception est  prévue dès  l’année  prochaine », a-t-il dit.

In : EL MOUDJAHID 14/03/2018 

 

Redéploiement progressif 13032018

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